Akuab’art


 
 
Le sujet principal de cette toile fait référence à la "poupée" Akuaba, statuette portée à la ceinture par les femmes ASHANTI* désireuses de maternité.
Symbole de fécondité représentant les critères de  beauté des ASHANTI, "Akuaba" signifie "bienvenue". Je me suis laissé dire que la tête formant un cercle parfait représenterait le soleil.
 
 
LA TOILE : AKUAB’ART
 
 
Reprenant justement l’idée du soleil qui irradie, j’ai choisi de traiter le sujet sur un fond orange. En visualisation, cette couleur est reconnue pour vitaliser et donner de la joie ; cela semblait donc parfaitement coller au thème.
 
Les motifs décoratifs qui agrémentent la poupée Akuaba rappellent les scarifications propres à chaque ethnie et qui sont également révélatrices du rang social.
 
En haut, à chaque extrémité de la toile, figurent deux des nombreux motifs africains qui ornent les tissus de la vie quotidienne. Codifiés, ils revêtent toujours une signification bien précise. En l’occurrence, ceux que j’ai choisis signifient "bonne chance" (à gauche, face à vous) et "longévité" (à droite).
En bas, l’on peut observer un poisson et une tortue, motifs de pendentifs inspirés de l’orfèvrerie des BAOULES (Côte d’Ivoire) réputés pour exceller dans l’art de la fonte à la cire perdue.
"Arborés par le roi, la reine mère et certains membres de la Cour (interprètes, chefs, militaires, voire messagers), ces pendentifs revêtaient, comme bon nombre de bijoux africains, une fonction talismanique destinée à écarter tout danger"**.
 
 Enfin, un serpent stylisé et coloré, prenant sa base au niveau du plexus solaire, épouse une forme ovoïde ; un oiseau semble reposer sur l’extrémité du reptile et lui fait face. A chacun de puiser dans cette allégorie ce qu’il a envie d’y trouver.
 
Sources :
* Ethnie du nord du Ghana
** ARTS PREMIERS – Bérénice Geoffroy-Schneider – Editions Assouline
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Ed-Deïr


L’Ed-Deïr ou « le monastère », tombeau nabatéen aménagé pour le culte chrétien au IIIe siècle, est considéré comme étant le monument le plus imposant de la cité rupestre de PETRA située en JORDANIE méridionale, à 150 km au S.-O. d’Amman.
Oubliée pendant des siècles puis redécouverte au début du XIXè siècle par un explorateur suisse converti à l’islam qui se rend à la Mecque, l’antique PETRA s’offre à lui après qu’il ait franchi une gorge pofonde et étroite : il découvre un fantastique cirque de falaises qui ferme une étendue où s’amoncellent des ruines, des falaises sculptées comportant des temples, des édifices publics et des arcs de triomphe et ponts.
L’Ed-Deïr, d’époque gréco-romaine, présente une façade de 49 mètres de large et 39 de haut. Son architecture hellénistique, importée par les Nabatéens (tribu arabe venue du Yémen), annonce le style baroque. A partir de cet édifice, l’on jouit d’un panorama exceptionnel sur le Djebel-Haroun (le mont d’Aaron).
LA TOILE : ED-DEÏR
Ce tableau réalisé à main levée, c’est-à-dire le motif directement « jeté sur la toile » sans plans ni calculs préalables, est probablement le sujet qui aura exigé de ma part le plus de travail, de concentration et de dextérité. A chaque étape de son exécution, je n’ai eu de cesse de penser aux difficultés auxquelles les bâtisseurs ont dû se retrouver confrontés. Malgré la taille du chantier, ils ont réussi à édifier, entre autres, un ouvrage admirable, à mon sens proche de la perfection et d’un idéal de beauté.

Le Phare de Cordouan


Les phares de pleine mer ont toujours été bâtis sur des sommets de courage, de persévérance, de conviction et de foi.
Le Phare de Cordouan illustre, par là même, le résultat de tous les efforts et moyens humains mis en oeuvre pour atteindre l’excellence d’une oeuvre architecturale d’une valeur inestimable pour notre patrimoine national.
Si justement nommé « Le Roi des Phares, le Phares des Rois », Cordouan au destin si exceptionnel, véritable sentinelle postée à l’entrée de l’estuaire de la Gironde, se distingue par les nombreux trésors qu’il abrite, notamment une chapelle possédant 4 vitraux datant de 1853
LA TOILE : LE PHARE DE CORDOUAN
D’aucuns penseront que ce tableau repose sur une erreur technique. En fait, après avoir réalisé plusieurs peintures de ce phare que j’aime tant, j’ai eu envie de placer la digue dans l’axe même de l’édifice, cela afin de lui conférer une grandeur et une force supplémentaires.
Quoi qu’il en soit, la personne la mieux placée pour vous parler, avec passion, de ce beau patrimoine, est Monsieur Serge ANDRON, gardien en chef et mémoire vivante de cette oeuvre d’art.
Pour ma part, je nourris le rêve de pouvoir un jour exposer quelques toiles au coeur même du Phare de Cordouan…

Maïteya, le Bouddha du futur au lotus


 
 
Metteya (pali, skt : Maïtreya), cinquième Bouddha : le Bouddha à venir, prochain successeur du Bouddha.
 
"Les bouddhistes croient que le prochain Bouddha sera Metteya (Maïtreya), que celui-ci demeure en l’état céleste dit "Tusida" et qu’il y demeurera jusqu’à ce qu’arrive le temps correct pour naître dans le monde humain et pour atteindre l’Eveil. Cela se produira seulement après la disparition complète de l’Enseignement de Bouddha Gotama".*
 
LA TOILE : MAÏTREYA, LE BOUDDHA DU FUTUR AU LOTUS
 
Généralement les statues – de même que les peintures – représentent Bouddha assis sur une fleur de lotus. Dans ce tableau, j’ai imaginé un Bouddha stylisé, tout en rondeur à l’image du banian, assis sur une feuille de lotus, paumes tournées vers le ciel en signe de méditation. La fleur de lotus également stylisée est intégrée en lui, signe de sagesse et de grande connaissance. La forme originale de ses oreilles, allongées et tournées vers l’extérieur, signifie qu’il est à l’écoute du monde, plein de compassion.
Les cinq fleurs de lotus évoquent le symbole cosmique des 5 Bouddhas : Kakusandha (nord), Konagamanda (est), Kassapa (sud), Gautama (ouest) et Maïtreya.
Les six bâtons d’encens qui servent généralement à la prière et à la formulation des voeux rappellent, ici, la légende des 6 statues d’Angkor.
Enfin, la forme pyramidale évoque l’élévation de l’âme tandis que le cercle entourant la tête du Bouddha illustre la Roue de la Doctrine, l’un des plus hauts symboles bouddhiques.
 
Quelques fragments de feuilles d’or rapportés de Birmanie couvrent partiellement le corps du Bouddha et sa coiffure. L’application quotidienne de feuilles d’or sur les statues de Bouddha fait partie des devoirs que tout bon birman se doit d’accomplir ; en effet, dans cette vie présente, chaque don effectué est vécu comme un acte méritoire pour accéder à une vie future meilleure dans le cadre du cyle des renaissances.
 
 
Je précise que je ne suis absolument pas bouddhiste mais que je m’intéresse simplement aux différents chemins qui peuvent éveiller la conscience.
 
source :
"Les Entretiens du Bouddha" par Môhan WIJAYARATNA, éditions du seuil. 

Pagan, le Royaume de Bouddha


 
 
Site mystérieux et envoûtant s’il en est, s’illuminant dès les premiers rayons de soleil au sortir de la brume et s’embrasant de mille teintes ocre doré au coucher du soleil, ARIMADDANAPURA prend le nom de PAGAN (ou BAGAN) en 1196.
 
Probablement antérieur à 874 après J.C., ce magnifique site archéologique, comptant parmi les plus grands d’Asie, s’étend sur environ 200 km2 et présente un vaste ensemble de quelque 5000 monuments (zeidi : nom birman des stupas et gu : nom birman des temples-grottes), véritables lieux de culte voués à Bouddha.
 
Un millier de ces édifices sont encore en bon état. Certains temples conservent de magnifiques peintures qui attestent de l’influence indienne. Quant aux zeidis, ces reliquaires monumentaux dans lesquels nul ne peut pénétrer, ils sont vénérés de l’extérieur en en faisant le tour et en déposant des offrandes dans les chapelles disposées à cet effet sur la terrasse. 
 
 
LA TOILE : PAGAN, LE ROYAUME DE BOUDDHA
 
 
Ce site compte au nombre des plus beaux que j’ai visités et ma toile, bien évidemment, ne représente qu’un cliché de cet endroit qui, à mes yeux, revêt une dimension spirituelle exacerbée surtout au coucher du soleil.

Gorsedd


 
 
La Bretagne a toujours été une terre fortement empreinte de croyances religieuses se rattachant au culte de très nombreux saints. Aujourd’hui encore, les pardons et pélerinages connaissent un succès allant crescendo. Chaque année, ils rassemblent des dizaines de milliers de fidèles.
 
"A l’origine, Gorsedd signifie "trône" puis par extension "assemblée". Avec un G majuscule, il désigne l’institution druidique, l’association des "druides, bardes et ovates" qui se consacre uniquement à l’étude, à la conservation et au développement des Arts et de la littérature et des traditions celtiques"*.
 
"Les bardes sont des poètes-musiciens, gardiens de la mémoire collective. Ils transmettent un savoir et incarnent une conscience artistique vivante.
 
Les ovates étudient les mystères de la vie, de la mort et de la réincarnation. Ils connaissent bien le monde végétal dont les pouvoirs de guérison et de régénérescence sont exemplaires.
 
Les druides sont des conseillers dont on reconnaît les vertus et la sagesse. Ils président aux cérémonies cultuelles mais comme le druidisme est une religion naturelle, ils les dirigent, à l’instar des chamans, sans agir comme intermédiaires entre Dieu et les hommes. Philosophes, ils sont aussi mathématiciens et astrologues. Ils prônent les principes de liberté, de tolérance et de fraternité et refusent de cautionner toute action ou doctrine raciste"**
 
 
La toile : GORSEDD
 
 
Dans ce tableau, j’ai choisi de représenter un chat stylisé trônant sur un temple miniature (les archéologues ont retrouvé beaucoup de temples miniatures  en méso-amérique).
Dans certaines civilisations, le chat a souvent été l’objet de toutes les attentions. En Egypte, il a même été déifié, représenté par Bastet. Dans le calendrier lunaire chinois, le chat apparaît en quatrième position. Les chinois aiment à dire que l’animal de votre naissance se cache dans votre coeur… En l’occurence, je suis "chat".
 
Le chat est réputé pour son sixième sens et , d’un point de vue mythologique, pour avoir 9 vies.
Sur le poitrail en forme de coeur de mon chat stylisé, apparaît une croix celtique tandis qu’au dessus de sa tête figure le triban des druides (les trois bâtons). A gauche, un triskel (symbole de la mer, de la terre et du vent) rappelle mon attachement à la Bretagne. A droite, une crosse évoque une certaine dimension religieuse inhérente à cette magnifique région. Enfin sur le temple même, j’ai repris quelques motifs de runes (qui tirent leur origine de l’alphabet scandinave – 9ème siècle après J.C.). Les initiés vous diront que ces inscriptions possèdent des propriétés magiques. Ainsi, j’ai chois les suivantes, de gauche à droite : protection, croissance, ouverture, percée (exploit), force. Je reste, cependant, complètement néophyte en la matière ! Les serpents enroulés autour du temple signifient la sagesse et la connaissance.
 
 
sources :
*   Une Bretagne si étrange – Editions Ouest-France
** A la découverte de la France mystérieuse – Guide touristique – Sélection du Reader’s Digest.

Lien Austral


 
 
Hautement symbolique, ce thème s’est imposé à moi alors même que je ne suis jamais allée en Australie. Tout au plus ai-je rencontré quelques personnes qui ont séjourné sur ce territoire.
 
N’ayant que des connaissances superficielles de cette "île-continent", j’ai dû faire des recherches sur Internet et me plonger dans de savantes lectures afin de rassembler suffisamment d’éléments pour réaliser cette oeuvre et comprendre, surtout, ce qui me poussait à entreprendre quelque chose sur ce pays. Je crois avoir trouvé…
 
J’appris qu’en 2003, ULURU (Ayers Rock), haut lieu sacré pour les Aborigènes, était à l’origine d’un phénomène incroyable.
Les autorités du parc d’Uluru recevaient, d’Europe et des U.S.A., des paquets contenant des morceaux de ce fameux rocher. Ces envois, pour le moins inhabituels, provenaient de touristes qui avaient, lors de leur visite ou ascension, prélevé et emporté chez eux des morceaux de cette roche rouge. Dans leur courrier, ils faisaient mention d’un enchaînement d’événements malheureux venus affecter leur existence depuis qu’ils étaient en possession de tels échantillons, allant même jusqu’à évoquer une réelle malédiction liée à Ayers Rock. Demandant pardon, s’excusant auprès des autorités locales, ils espéraient qu’une restitution des morceaux d’Uluru ramènerait la sérénité dans leur vie.
 
J’avais déjà entendu parler d’un phénomène semblable concernant les tikis de Polynésie. Forte de ces premières informations, je décidais de poursuivre mes recherches plus avant focalisant surtout sur l’histoire des Aborigènes. Je (re)découvris que l’Australie-Occidentale était déjà habitée  par les Aborigènes il y a 38 000 ans environ et que, pour ce peuple vivant en symbiose avec la nature, chaque élément du paysage est habité par un esprit dont l’homme est le fruit.
 
Aujourd’hui, après avoir été victimes de massacres, de maladies et de dépossession de leurs terres durant deux siècles de colonisation, les Aborigènes tentent de revendiquer leurs droits et la reconnaissance de leur culture (Le temps du rêve ou Dreamtime). Pour eux, les sites sacrés abritent l’esprit des ancêtres et ne doivent sous aucun prétexte être spoliés.
 
 
La toile : LIEN AUSTRAL
 
 
Dans mon oeuvre, l’on peut retrouver des emblèmes forts de l’Australie : Uluru (haut de 350 mètres) surmonté du toit de l’opéra de Sydney dessiné par l’architecte Joern UTZON : le toit, initialement blanc, représente des voiles tournées vers la mer. Ici, les voiles sont devenues bleues portant l’océan en elles. Le masque est formé de mains et de pieds : j’ai voulu renforcer l’idée de l’empreinte aborigène et de son enracinement. des ménures (ou oiseaux-lyres), endémiques à l’Australie, forment un ensemble harmonieux rappelant la volatilité de l’âme. Le menton reprend l’idée du boomerang dont les plus grands pouvaient atteindre 1,80 m. Le nez grimé rappelle les peintures corporelles liées aux rites et cérémonies. Dans la partie supérieure, j’ai représenté des feuilles d’eucalyptus, arbre originaire de ce pays dont il existe à peu près 700 variétés.
Le crocodile renvoie à la mythologie tandis que les deux dessins, de chaque côté, renvoient à l’art rupestre.